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 Interview ex-capo des RDM Torino

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MessageSujet: Interview ex-capo des RDM Torino   Lun 29 Jan 2007 - 23:32

Interview de l'ancien capo des Ragazzi Della Maratona du Torino.


1. Salut, et merci d’avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter en quelques mots aux ultras français ?

J’ai 33 ans et je peux me définir comme le responsable du groupe, c'est-à-dire celui qui, quelles que soient les circonstances, apparaît toujours en première ligne.


2. Quand et comment sont nés les Ragazzi della Maratona ? Y a-t-il des circonstances particulières (anecdotes) ?

Les RDM naissent le 18 Septembre 1985 et la bâche de 50 mètres apparaît pour la 1ère fois à l’occasion de Torino- Panathinaikos, dans la Curva Maratona du Vieux Comunale, en Balconata inférieure.
Le groupe est issu de l’union d’éléments appartenant auparavant aux Ultras Granata et de ce qui était alors les groupes Fedayn et Brigate. Notre volonté commune était de créer rapidement quelque chose de beau et de grand, malgré le fait qu’il n’était pas évident de faire sa place dans la Curva.


3. Ceux qui connaissent un peu le Calcio et les curve italiennes savent que le club de Torino et la Curva Maratona ont une mentalité et une manière de supporter bien précises (combat, courage, sacrifice,…les valeurs de votre symbole «Il Toro»).
Peux tu nous en dire plus à ce sujet (si possible avec des exemples) ? Est-ce une réputation fondée, ou cela fait-il partie du mythe ?


Non ce n’est pas qu’un mythe, car le tifoso du Toro a depuis toujours eu pour caractéristique d’être plus endurci et plus « sanguin » que tous les autres. Parce qu’il est habitué depuis des lustres a vivre avec les épreuves et la souffrance : au stade comme dans la vie en général, c’est en souffrant qu’il a appris à aimer. Et le lien qui nous unit au Torino est vraiment un lien spécial : c’est quelque chose qui va au-delà de la raison, car nous vivons constamment avec le souvenir de toutes les tragédies qui ont marqué notre histoire, de Superga (note MU : terrible accident d’avion qui a proprement décimé toute l’équipe du « Grande Toro » en 1949) à Meroni, en passant par Ferrini, notre passé a fait que nous sommes à jamais attachés à cette légende.


4. A leur création, comment ont été accueillis les ex-RDM, par le reste de la Curva et les autres groupes déjà présents (UG’69, etc…) ? A-t-il été simple d’obtenir le respect de la tifoseria ?

Non, ce ne fut pas aisé du tout, et pour gagner le respect et la considération, il a fallu beaucoup de travail et un engagement constant. Mais au fil du temps et grâce à l’essor du groupe (numeriquement et qualitativement) les choses se sont améliorées.


5. Quels étaient les jumelages et les amitiés des ex-RDM ? Concernaient-ils le reste de la Curva ou non ?
En sens inverse, quelles étaient vos plus importantes rivalités ?


Les jumelages et les rivalités des ex-RDM ont toujours été les mêmes que ceux de la Maratona, même si certains étaient vécus plus intensément que d’autres (évidemment les historiques avec les Viola et Genoa, mais aussi avec les Reggini jusqu’au jour funeste qui a entraîné notre dissolution).
Nous avions aussi des rapports plus personnels avec des groupes, mais qui ne se sont pas approfondis plus que ça.


6. Comment est née l’amitié avec la BSN ? Malgré la dissolution de votre groupe, continuez-vous (souvent ou pas) à vous rendre à Nice ?

L’amitié avec la Brigade a été une des plus belles réalités des dernières années des Ragazzi. Les rapports ont commencé avec les fréquentes visites que nous rendaient les principaux capi BSN, et au bout d’un certain temps nous leur avons rendu la pareille à Nice. Nous avons partagé ensemble nombre de déplacements et tant de moments à parler et à confronter nos visions des mondes ultras italiens et français. Au fur et à mesure se sont nouées de vraies et solides amitiés qui vont au-delà de la vie au stade, et malgré la dissolution nos liens continuent aujourd’hui, même si les occasions de se voir sont plutôt rares.


7. 2003 : Dissolution des RDM. Après tant d’années de « tifo » intense vous disparaissez.
Peux tu revenir sur les circonstances de cette gravissime décision ? Aujourd’hui quelle est la situation des ex-Ragazzi dans la curva ?
Enfin, te semble t-il possible (et souhaitable) la reformation dans le futur d’un autre groupe fondé sur les valeurs qui étaient les votres aux RDM ?


Nous nous sommes depuis toujours distingués par les valeurs que nous ont enseigné et transmis nos « vieux » en tribune, et qui nous ont permis de marcher la tête haute, fiers de nos ideaux.
Etre mus par de tels principes rigides au niveau de la mentalité a de grands avantages pour un groupe, mais il faut aussi être prets le cas échéant à en payer le prix. C’est ce que nous avons fait quand un des ces principes a été frappé de plein fouet avec la perte de notre bâche : avec notre ingénuité caractéristique nous avons alors mis sur le tapis la base des valeurs d’un groupe.
Perdre une bâche, même de manière infâme comme ça a été le cas pour nous, oblige à se conformer aux règles tacites et donc non- écrites du vrai esprit « ultras ». Il est donc logique dans ces cas là de se plier à « nos » règles et même avec une tristesse immense, respecter ce monde auquel nous avons appartenu de toute notre âme. Même si je ne sais pas qui aujourd’hui serait capable ailleurs d’avoir encore un geste d’un telle « cohérence», nous avons fait le choix d’ aller au bout cette logique...
Pour ce qui concerne la situation actuelle, la chose sure est que nous avons conservé toute notre cohérence et nos principes, même si notre histoire a pris fin avec les RDM et que nous n’appartiendrons plus jamais à aucun autre groupe…


8. Même si on ne peut pas faire de comparaisons simplistes, que penses-tu de la scène ultrà italienne aujourd’hui par rapport au passé ? En lui-même (en écartant le phénomène qu’on appelle « calcio-business ») le mouvement transalpin te semble t-il plus vif et mature (initiatives « Movimento Ultras » etc…) qu’auparavant ?

La scène ultrà italienne actuelle est indissociable de la société moderne. Il fut un temps où tu étais ultrà parce qu’à la base il y avait des valeurs qui t’étaient transmises et enseignées par ceux que l’on peut appeler les « vieux » du groupe. Alors qu’aujourd’hui être ultrà devient toujours plus la conséquence d’une « mode », une sorte de « passerelle » pour les jeunes qui, du simple fait de mettre une écharpe et d’appartenir à un groupe ultrà, se sentent aussitôt importants, alors qu’ils n’ont en fait qu’une lointaine idée de ce que ça signifie vraiment.
Pour parler clair, le mouvement manque d’idéaux et d’un renouvellement de génération capable de préserver les principes de base de la vraie « culture ultrà » et la faire avancer. Aujourd’hui le football, et par ricochet le soutien extrême aux couleurs est toujours plus contaminé par le business en tout genre, et c’est là le vrai fléau qui, s’il n’est pas combattu efficacement, risque d’entraîner la disparition des vrais idéaux et principes fondateurs pour lesquels tant d’entre nous les anciens avons lutté…


9. Plusieurs tifoserie (parmi lesquelles les Atalantini) ont depuis des années adopté une position très dure à propos de l’usage des armes (et plus spécialement des lames) pendant les confrontations entre ultras. Pour ta part que penses tu de ce « credo » (et avec toi ton ex-groupe) ?
Espérer voir demain un mouvement « propre » à ce niveau te semble t-il être un objectif réaliste, ou un rêve ?


Voir un mouvement propre restera toujours un rêve tant qu'on arrivera pas à tenir un discours profond et réel (comme l’ont fait les Atalantini) qui transcendera le temps et les appartenances. Hélas, même si les principes d’un groupe peuvent être sains, il n’est pas toujours évident de contrôler la masse. Et le problème des « cani sciolti» (note MU :littéralement les « chients errants », sorte d’indeps ultra-violents et incontrolables) est un problème récurrent et important dans pas mal de curve…


10. Concernant la politisation des curve italiennes, vu de l’Etranger il peut sembler y avoir eu 3 phases distinctes:
- la 1ère entre les années 70 et 80 pendant laquelle on a vu l’éclosion de plusieurs groupes politisés (à l’époque souvent de « gauche », même si des ultras tels que les ascolani, veronesi, interisti, etc…étaient clairement positionnés à l’extrême-droite).
- la seconde entre la fin des années 80 et la fin des années 90, où on assista à une sorte de recul de la politique dans les gradins.
- enfin, ces dernières années où on constate un retour en force de structures ultra- politisées.
Es-tu d’accord avec cette analyse, ou la réalité des curve te semble t-elle au contraire différente ?


La politique a toujours été présente dans les virages : au-delà des périodes auxquelles tu as fait référence, les curve qui ont vraiment fait de la politique sont historiques et se sont nettement multipliées au fur et à mesure des années.
Pour notre part notre position a toujours été claire : la politique doit toujours rester en dehors de la curva. Les seuls et uniques motifs qui justifient ta présence au stade doivent toujours être le Groupe et l’Equipe.


11. Que sais-tu et que penses-tu du mouvement ultrà français ? Il te semble en progrès, ou illustre t-il un pays trop éloigné de la vraie « mentalité » ultrà ?

Depuis que nous avons commencé à fréquenter les gars de la BSN nous avons réussi à approcher une réalité qui jusqu’alors nous était complètement inconnue. Je dois dire que j’ai été favorablement surpris, et j’ai eu l’impression de revivre le climat des premiers temps de la naissance du mouvement en Italie, où il y a malgré tout une certaine liberté d’action que nous n’avons plus...


12. Parlons un peu de la Squadra Azzura : la soutenez-vous activement au Torino (sinon au stade, au moins de cœur), ou avez-vous adopté la même attitude que vos « frères » de la Fiorentina qui suite à l’ "affaire Mattarese" (note MU : Président de la Federcalcio qui avait eu un conflit important avec les Viola) avaient déclaré abandonner l’Equipe Nationale ?

Nous les granata n’avons jamais été passionnés par la Nazionale, certainement aussi parce qu’elle a trop souvent été composée de Juventini…


13. Tout le monde a pu constater que le Stadio delle Alpi est une vrai calamité pour le « tifo » turinois (qu’il s’agisse du tifo granata comme du tifo bianconero). Aujourd’hui on parle pour les Torinisti d’un retour au Vieux Comunale, où furent écrites les plus glorieuses pages de votre histoire.
Vous l’espériez encore ce retour programmé ? Te parait-il propice à créer les bases d’une « résurrection » de l’antique tifo acharné des Granata, ou faudra t-il aussi attendre pour ça votre retour en Serie A ?


Le Comunale est le temple du tifo granata, où sont nés tous les groupes actuels de la Maratona (dont bien entendu le notre), et où nous avons pu voir le Toro nous donner quelques joies intenses au niveau sportif.
Ce retour est pour nous une joie immense et il marquera certainement un retour en masse du peuple grenat au stade, tout du moins les premières années. Le reste dépendra aussi évidemment du comportement de l’équipe, et de notre capacité à retrouver la dignité qui est vraiment inscrite au plus profond de nos veines…
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liberanissa



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MessageSujet: Re: Interview ex-capo des RDM Torino   Ven 16 Mar 2007 - 23:33

Saluto di Marco , Robby.

Au-delà de l'amitié qui lie nos 2 groupes, énorme respect aux RDM pour le courage de leur ultime décision
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Maratona12



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Date d'inscription : 24/09/2007

MessageSujet: Re: Interview ex-capo des RDM Torino   Jeu 11 Oct 2007 - 23:43

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MessageSujet: Re: Interview ex-capo des RDM Torino   

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